JOUR 1

Barcelone

Hébergement ⭐️⭐️ : Hôtel Ibis Barcelona Plaza Glories 22

Notre arrivée à Barcelone s’est faite en fin d’après-midi, après une longue route depuis le sud de l’Espagne. À ce moment-là, nous étions encore partagés entre la nostalgie de quitter l’Andalousie — où nous avions vécu un séjour mémorable — et l’excitation face à tout ce qui nous attendait encore. À commencer par notre délicieuse expérience à La Madurada, le restaurant qui a su nous faire oublier les nombreuses heures de char parcourues pour atteindre la grande ville.

Au départ de notre hôtel, le restaurant se rejoint facilement en métro, nous étions même en avance sur notre réservation. Nous avions trop hâte d’y être! Leur spécialité étant les coupes de viande maturée, c’est l’endroit idéal pour partager un chuletón, cette généreuse côte de bœuf servie avec l’os. À La Madurada, la viande est servie juste assez saisie pour que l’on puisse terminer nous-mêmes la cuisson à notre goût sur une pierre chaude disposée à notre table. Un vrai délice! C’est aussi là que j’ai mangé la meilleure version du cheesecake basque, ce dessert crémeux et fondant, originaire du Pays basque, comme son nom l’indique.

Exquise, notre première soirée à Barcelone n’était pourtant qu’une mise en bouche : les moments les plus savoureux restaient encore à venir!

⚠️ À savoir : Prendre le métro à Barcelone, rien de plus simple! Heureusement, car c’est aussi inévitable… Les incontournables disposés parfois à plusieurs kilomètres de marche les uns des autres, il peut être plus pratique, selon le cas, de s’y déplacer en transport. Présentez-vous simplement au guichet libre service à l’entrée de chaque station et achetez un billet simple ou une passe journalière, selon vos besoins. Il est aussi possible de vous procurer des passes illimitées sur plusieurs jours, selon la durée de votre séjour. La carte du métro est assez simple à lire. Le réseau est certes plus développé, mais reste à peine plus complexe que celui de Montréal.

JOUR 2

Barcelone

Notre deuxième journée à Barcelone s’annonçait pluvieuse, une première depuis le début du voyage. La plage allait devoir attendre à demain, la température se prêtant plutôt à la découverte de la ville et de ses incontournables. C’est en métro que nous avons rejoint le centre historique de Barcelone, pour débuter notre journée sur La Rambla, l’avenue la plus célèbre de Barcelone, mais aussi, je dois le dire, la plus décevante… Est-ce que c’est la météo ou les longs tronçons de rue en construction, je ne saurais le dire, mais l’ambiance promise n’y était pas du tout! J’ai trouvé la rue sale, chargée, bruyante et sans trop d’intérêt, au final. Vous y trouverez quelques magasins, dont les nombreuses et très populaires vitrines du CF Barcelone, devant lesquels vous aimerez peut-être flâner. Notre vrai prix de consolation aura été le Mercat de la Boqueria, situé à mi-chemin de la grande avenue.

Ce dernier vaut définitivement le détour! Vous le reconnaîtrez par sa halle en fer très caractéristique. C’est le marché le plus animé et le plus généreux en produits locaux qui nous ait été donné de visiter. Nous n’avions pas déjeuné pour nous préserver pour ce moment : croquetas, paella, picaña, gilda, huîtres fraîches, churros, voilà une faible énumération de tout ce que nous y avons mangé, comparé à tout ce qui est proposé. Victime de son succès, autant auprès des touristes que des locaux, je vous recommande d’y aller le matin, afin d’éviter les grandes foules qui y déferlent dans la journée.

Afin de bien digérer la quantité impressionnante de nourriture ingérée, nous avons décidé d’entreprendre la route vers notre prochaine attraction à pied. Cette dernière attire, à elle-seule, des millions de touristes chaque année à Barcelone : je fais référence à l’emblématique et éternellement inachevée Sagrada Família. En chemin, puisque nous avions déjà réservé nos billets et que nous étions un peu d’avance, nous en avons profité pour passer un peu de temps devant quelques-unes des autres créations populaires de l’architecte Antoni Gaudí, comme la Casa Batlló ou encore la Casa Milà. Bien que toutes ces œuvres soient bien originales, rien n’a pu rivaliser avec notre émerveillement devant la basilique la plus célèbre du monde! La visite de la Sagrada Família peut durer environ deux heures avec l’audioguide et l’ascension d’une de ses tours. Malheureusement, la pluie nous a privés de cette dernière partie de la visite, les tours étant fermées par mauvais temps…

Après un dîner tardif, nous avons conclu notre journée de visite en rejoignant, cette fois-ci en métro, le Parc Güell, une autre réalisation emblématique du, clairement très apprécié Gaudí. C’est à croire qu’il est à l’origine de toutes les attractions qui font la popularité de Barcelone. Qu’aurions-nous fait pour occuper notre journée sans lui? 😜 C’est avec un peu moins d’enthousiasme que nous avons arpenté ces sentiers, je dois l’avouer. Entre sa grande terrasse aux bancs colorés et son iconique salamandre en mosaïque, je m’attendais à un peu plus de surprises. C’est peut-être les conséquences néfastes d’en avoir déjà trop vu sur les réseaux avant notre visite. Je tenterai donc de vous laisser un peu de mystère, car vous y trouverez tout de même de belles choses à apprécier.

Nous devions terminer notre journée aux Bunkers del Carmel, pour profiter d’un coucher de soleil et d’une vue imprenable sur la ville, mais la fatigue a eu raison de nous et notre seule envie était de trouver un bel endroit où se poser pour prendre un verre… ou deux. Nos recherches nous ont menés à la carrer de Blai. Cette rue est connue pour son ambiance festive et sa gastronomie conviviale. Elle est bordée de nombreux bars à pintxos où vous pouvez vous arrêter prendre un verre, l’accompagner de quelques bouchées, avant de repartir pour le suivant. Parmi les deux ou trois arrêts qu’on y a faits, notre préféré reste La Tasqueta de Blai, où, accostés au bar, nous avons dégusté une généreuse variété de pintxos fraîchement préparée selon l’inspiration du chef. Comme quoi, même une journée pluvieuse à Barcelone peut se savourer pleinement.

⚠️ À savoir : Avant votre visite à la Sagrada Família, téléchargez l’application mobile, généralement disponible via un lien sur vos billets électroniques. L’application est le seul moyen d’accéder à l’audioguide pendant votre visite. Vous pourriez la télécharger directement sur place, mais le faire à l’avance pourrait vous faire gagner du temps : l’accès au réseau est limité autour de la cathédrale, et l’affluence peut être élevée au moment du téléchargement. N’oubliez pas d’apporter vos propres écouteurs pour plus de confort. Enfin, si vous souhaitez gravir l’une des tours, vous devrez choisir la bonne formule lors de l’achat de vos billets, car l’option n’est pas automatiquement incluse.

JOUR 3

Barcelone

Notre dernière journée à Barcelone se raconte simplement : soleil, plage et sangria! Je dois tout de même prendre quelques lignes pour vous partager le plaisir que nous y avons trouvé. Pour faire court, j’ajoute sans hésitation La Barceloneta à mes meilleures recommandations pour une journée de baignade à la plage. Une fois votre serviette installée, vous ne voudrez plus décoller.

La plage est facilement accessible en métro. Sur place, vous découvrirez une mer chaude et cristalline, de quoi ravir même les plus frileux. Pendant votre baignade, prenez le temps de vous retourner un instant vers la ville : la vue depuis la mer est incroyable. C’est l’une des rares fois où je peux dire, sans exagérer, que j’y serais restée des heures, sans me fatiguer. Je le répète, au risque d’être redondante : la meilleure baignade !

Vous aurez probablement envie d’un rafraîchissement pendant votre journée au soleil, mais méfiez-vous des gens qui circulent avec des cocktails à vendre. Ils se promènent avec leurs bouteilles de fort à moitié vides pour vous mettre en confiance, mais leurs prix sont exorbitants, et je soupçonne fortement qu’il n’y ait pas un oz d’alcool là-dedans… Si la soif devient incontrôlable, choisissez une bière : au mieux vous ne paierez pas pour de la glace.

Comme autre option, plusieurs restaurants longent la plage et proposent une belle ambiance décontractée. Notre choix s’est personnellement arrêté sur la terrasse du Sal Mar. Après avoir étiré notre journée à la plage aussi longtemps qu’on le pouvait, il nous fallait repartir. Notre séjour à Barcelone tirait officiellement à sa fin, et une longue route vers les montagnes nous attendait. Il était maintenant le temps d’échanger nos gougounes pour une bonne paire de souliers.

JOUR 4

L a vallée d’Ordesa

Hébergement ⭐️⭐️⭐️⭐️ : Hôtel Spa Silken Odessa

Le village de Torla-Ordesa est la porte d’entrée idéale pour découvrir la vallée d’Ordesa et ses sentiers emblématiques. C’est là que nous avons posé nos bagages, le temps de notre séjour au Parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu. Nous étions arrivés à l’auberge la veille, au départ de Barcelone, juste à temps pour le last call de son restaurant. Il faisait noir, le décor qui encerclait notre hébergement ne se révèlerait qu’à notre réveil, le lendemain. Toutefois, les villages traversés au coucher de soleil nous avaient donné un bon avant-goût : des montagnes aux parois verticales impressionnantes, couverts d’une verdure dense où se mêle une variété de pins et de sapins, résultat d’une flore riche et mature. C’était officiel, nous étions dans les Pyrénées.

Après une première nuit confortable, notre réveil a sonné très tôt. Nous voulions nous assurer une place dans le stationnement où nous comptions également attraper l’une des premières navettes de la journée. À bord de l’autobus, après un trajet de 15 minutes sur des routes étroites et très sinueuses, nous sommes descendus au stationnement du Pradera pour rejoindre enfin, à l’aide des indications trouvées sur place, le départ de la Senda de los Cazadores, l’un des plus beaux sentiers de la vallée.

Cette randonnée n’est pas accessible à tout le monde. Les deux à trois premiers kilomètres sont intenses et très abrupts, ce qui pourrait en décourager plus d’un. Heureusement, le sentier se transforme ensuite en une longue balade, beaucoup plus confortable, où la difficulté réside alors dans sa durée. Ainsi, les 16 kilomètres suivants nous ont offert des paysages à couper le souffle et de nombreux points de vue spectaculaires sur le cœur de la vallée d’Ordesa. Nous avons marché au centre de gigantesques et impressionnants murs de pierre et longé une succession de magnifiques cascades. Notre journée aura été aussi éprouvante qu’inoubliable, et chaque pas méritait l’effort.

Au retour à Torla, il était très difficile de ne pas s’endormir dans l’autobus. Pour nous permettre de survivre à notre soirée, nous avons pris un moment à l’auberge pour nous reposer et nous rafraîchir, avant de ressortir au village pour souper. Il faut savoir que LA grande spécialité culinaire de la région est l’agneau rôti. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que j’adore l’agneau! Nous avions donc fait nos recherches et nous sommes tombés sur le restaurant El Duende, déjà recommandé par le guide Michelin, selon leur site. Et je vous laisse deviner la spécialité de la maison. Nous nous y sommes présentés à l’ouverture, sans réservation, avec l’espoir d’y avoir une table, si nous arrivions les premiers. Encore une fois, la chance nous a souri. Le restaurant, décoré comme un vieux chalet d’après-ski, nous a offert le réconfort que nous recherchions pour terminer cette belle journée d’aventure, avec un repas en toute simplicité, mais à la hauteur de sa réputation.

⚠️ À savoir : En haute saison, l’accès au parc en voiture est restreint à certains véhicules autorisés seulement, et les autobus deviennent le seul moyen d’accéder aux départs des randonnées. Heureusement, ils passent toutes les 15 à 30 minutes, entre 6h (aller) et 22h (retour), tous les jours d’été. Les horaires peuvent changer selon la saison. Le billet (6€) pour la navette s’achète directement au stationnement, et il sera bon pour le retour, donc ne le perdez pas.

JOUR 5

Las Bardenas Reales

Hébergement ⭐️⭐️⭐️⭐️ : Hôtel Aire de Bardenas

Je m’apprête à vous raconter ma plus belle journée du voyage. Ce jour-là, je réservais une surprise à mon amoureux. Nous quittions la fraîcheur des montagnes pour retrouver le climat aride du désert… Oui, oui, vous avez bien lu : un désert en Espagne! Je ne fais pas référence à ces grands déserts de dunes de sable, mais plutôt à ces terres vastes aux formations rocheuses singulières, sculptées par l’érosion de la pluie et du vent. Ces endroits qui vous donnent parfois l’impression de marcher sur Mars ou de jouer dans un film western. En Espagne, les zones désertiques des Bardenas Reales vous offriront cette atmosphère. Mais ce n’était pas ça la surprise, j’y reviendrai. 😜

Contre toutes attentes, en arrivant à proximité de la zone désertique que nous avions choisie de visiter, appelée la Bardena Blanca, la température semblait plus clémente qu’espérée. Entendez-moi bien, il fait très chaud, mais ce n’est pas aussi accablant qu’annoncé normalement en plein été. Et c’est une très bonne nouvelle pour nous, car cela ranime l’espoir de visiter la réserve à vélo : une idée qu’il peut parfois être préférable d’abandonner en période de grandes chaleurs. Nous nous sommes présentés, sans réservation, mais plein d’espérances, chez BardenasBike, une entreprise de location qui livre et récupère des vélos électriques directement à l’entrée du parc, avec tous les accessoires nécessaires pour passer une belle journée ; nous y avons reçu un service 5 étoiles, à notre plus grand bonheur! En plus, le proprio parle français et prend le temps de bien vous guider à travers la réserve avant de vous laisser partir. Nous avons pu faire le parcours proposé de 35 km et nous arrêter à notre rythme aux nombreux points d’intérêt. Je suis convaincue que nous n’aurions pas autant apprécié la beauté lunaire et si unique de la Bardena Blanca, si nous avions été obligés de le parcourir en voiture. Une expérience qui nous a rappelé que les plus beaux souvenirs sont parfois ceux que l’on prévoit qu’au dernier moment.

Ce que je planifiais depuis longtemps, toutefois, était de surprendre mon amoureux avec une soirée hors du commun, au cœur de la zone désertique. À une vingtaine de minutes seulement de l’entrée de la réserve, se trouve l’hôtel Aire de Bardenas, où nous allions passer la nuit. Cet hôtel vous propose un séjour haut de gamme avec l’expérience d’une nuit à la belle étoile, grâce à ses chambres bulles. Vous y trouverez aussi d’autres commodités comme une piscine et un restaurant, afin d’y passer un séjour très confortable. Une belle douceur à s’offrir après une bonne journée de vélo, à respirer de la poussière de roche sous un soleil brûlant. Une journée incroyable et originale qui nous aura fait sortir plusieurs fois des sentiers battus.

JOUR 6

La Rioja

Pour les grands amateurs de vin, cette région ne passera pas inaperçue sur l’itinéraire. La Rioja est connue pour ses produits plus accessibles, mais non moins raffinés ou prestigieux. Amateurs nous-mêmes, il était inconcevable de ne pas y faire le détour. Nous avons donc profité de la route prévue vers Saint-Sébastien pour traverser la région et y faire quelques arrêts.

Pour le premier stop, et non des moindres, il est conseillé de réserver sa dégustation à l’avance pour s’assurer une place et un moment privilégié. Le vignoble se démarque par son apparence spectaculaire et futuriste, tout en offrant une sélection de vins haut de gamme. Nous étions à la bodega Ysios, élue meilleure marque de luxe d’Espagne en 2024. Dès le premier contact, elle inspire le raffinement et le savoir-faire. Cette impression se confirme lors d’une dégustation généreuse et très agréable, que nous avons savourée installés dans une cave aménagée pour les visiteurs.

À peine quelques kilomètres plus loin, notre deuxième arrêt se distingue également pour son architecture iconique et avant-gardiste, avec une proposition de vins cette fois-ci plus modeste : la bodega Marqués de Riscal. Nous n’avions pas de réservation ; il n’était donc pas possible de se joindre à un groupe pour une visite guidée ou une dégustation animée. En revanche, nous avions accès à sa cafétéria où, installés au bar, nous avons dégusté une belle sélection de vins accompagnée de petites bouchées.

Malgré le plaisir évident que nous prenions à découvrir les richesses viticoles de cette grande région, il nous fallait nous modérer pour être en mesure de rejoindre, comme prévu, la belle ville balnéaire de Saint-Sébastien. En chemin, nous avons profité d’un dernier regard sur les vignobles de la Rioja, sans manquer d’emporter avec nous au moins une bouteille, pleine de savoureux souvenirs.

JOUR 7

Saint-Sébastien

Hébergement ⭐️⭐️⭐️ : Cristina Enea Rooms

Un mets traditionnel d’Espagne que nous avions hâte d’essayer est la tortilla de patatas, et nous avions entendu dire que l’une des meilleures du pays se servait ici, à Saint-Sébastien. Ce plat se consomme à n’importe quel moment de la journée, mais il nous invitait davantage pour le déjeuner. Notre premier arrêt de la journée a donc été à l’Antonio Taberna, où nous avons commandé notre première tortilla, selon la façon de faire la plus traditionnelle, c’est-à-dire accoudés au bar. Je qualifierais ce mets de simple, délicieux et à la fois très bourratif. L’idéal avant de poursuivre notre visite de Saint-Sébastien. Un parcours que je vous recommande de faire à pied, pour capter toute la beauté et les subtilités de la ville.

Nous avons occupé une bonne partie de notre journée sur la grande promenade de la Concha, qui se prolonge jusqu’à sa voisine, l’Ondarreta, et se termine au funiculaire du mont Igueldo. Ce dernier donne accès à un parc d’attraction centenaire du même nom, connu pour sa localisation unique, perché au sommet du mont. Quoi que divertissant, le parc vaut surtout le détour pour son panorama spectaculaire et son point de vue plongeant sur la baie.

Nous sommes ensuite revenus sur nos pas pour rejoindre la vieille ville, située à l’autre extrémité de la plage. Nous nous apprêtions à vivre l’expérience la plus typique et locale qui soit. En fait, j’irais même jusqu’à dire que tu viens à Saint-Sébastien pour ça : la tournée des bars à pintxos. Cette tradition est née au Pays basque avant de s’étendre à toute l’Espagne, pour faire maintenant partie intégrante de sa culture. Elle consiste en un rituel social, où on se rassemble debout auprès du bar. Pas le temps de s’asseoir, car on y reste seulement le temps d’un verre, que l’on accompagne de petites bouchées variées, celles qu’on appelle d’ailleurs pintxos. Ces dernières sont au coeur de la tradition et visent à mettre en valeur la richesse et la générosité de la gastronomie locale. Présentées dans les vitrines, tu n’as qu’à pointer du doigt celles qui te donnent envie. Et l’histoire se répète d’un bar à l’autre.

Nous avions tenté l’expérience la veille, à notre arrivée, mais je dois vous avertir : en soirée, les bars sont bondés et l’ambiance presque chaotique. Il peut être intimidant de se frayer une place à travers la foule, les locaux et le bruit. Nous avions donc décidé de remettre l’expérience au lendemain. En début d’après-midi, l’affluence est réduite et la tournée, plus agréable. La rue à ne pas manquer est la calle 31 de Agosto, où se concentrent quelques-unes des meilleures adresses à pintxos, dont La Viña, Txakolina et notre préférée le Bar Martinez. Au menu, plusieurs verres de Txakoli, ce vin blanc local, merveilleusement accompagnés de quelques bouchées d’anchois salés, séchés ou marinés ; toutes les versions sont savoureuses. Lors de notre virée, nous en avons également profité pour réserver le soir-même à la Cepa de Bernardo, connue pour sa viande et ses poivrons rôtis.

Le soir venu, nous ne pouvions manquer la plage au coucher de soleil, pour être témoins, une seconde fois, de son ambiance apaisante et sa beauté émouvante à ce moment de la journée. Et après le restaurant, une fois la nuit bien installée, la vieille ville nous a offert une dernière promenade, parfaite pour conclure notre journée à Saint-Sébastien, entre traditions culinaires, architecture pittoresque et panoramas spectaculaires.

⚠️ À savoir : le Pays basque représente une région historique partagée entre la France et l’Espagne. Il détient une forte identité culturelle qui lui est propre, à commencer par sa langue, qui diffère complètement de ce que vous entendrez partout ailleurs au pays. Son côté espagnol bénéficie d’une autonomie et d’une grande indépendance, mais les provinces basques restent tout de même partie intégrante de l’Espagne, ce qui en fait une région culturelle particulière, au caractère unique.

JOUR 8

Picos de Europa

Hébergement ⭐️⭐️ : Hostal Poncebos

Nous avons roulé un peu plus de trois heures depuis la ville balnéaire pour rejoindre, au cœur des Asturies, le parc national des Picos de Europa. Ce parc est le plus vieux d’Espagne, fondé en 1918, et propose encore aujourd’hui certains des plus beaux sentiers du pays. Nous avions réservé plusieurs mois à l’avance notre place dans une petite auberge de Poncebos. Très bien située, elle permet un accès à pied aux deux attractions les plus prisées du parc : le funiculaire de Bulnes et le sentier du Cares.

Notre séjour au parc a véritablement débuté en fin d’après-midi avec le funiculaire de Bulnes. Celui-ci propose une montée entièrement couverte, le tunnel étant littéralement creusé à travers la montagne. Le trajet dure seulement 7 minutes et permet de rejoindre le village de Bulnes, l’un des hameaux les plus isolés de la région. À la sortie du funiculaire, il est possible de monter encore un peu plus haut (500 mètres à peine) pour rejoindre le Mirador del Bulnes. Si la température est clémente, ce dernier permet un coup d’œil sur le Naranjo de Bulnes. Aussi appelé Picu Urriellu, ce pic rocheux imposant à la forme singulière est très populaire auprès des alpinistes expérimentés. Malheureusement, les nuages présents ce jour-là nous ont privés du point de vue. Cela nous a simplement rappelé l’imprévisibilité, et surtout l’authenticité, de cette nature fascinante.

Bulnes n’est toujours pas accessible par la route, mais uniquement via son funiculaire ou à pied par la Ruta de la Canal del Texu, un sentier escarpé d’environ quatre kilomètres. Après une brève visite du village, c’est le chemin que nous avons choisi d’emprunter pour notre retour à Poncebos. Il nous a offert au passage de superbes paysages et une première rencontre surprenante avec les chèvres de montagne.

De retour à l’auberge, nous étions à la recherche d’un endroit pour souper. Nous sommes tombés sur la Sidrería La Zapica, qui propose des mets traditionnels de la région dans une ambiance moderne et décontractée. Le restaurant se trouve dans le village voisin de Las Arenas, à seulement 10 minutes en voiture de notre hébergement. Sur place, nous avons trouvé un stationnement public gratuit où y laisser notre voiture, puis le reste s’est fait facilement à pied.

Nous voulions absolument boire du cidre et goûter au fromage local, le cabrales. La Zapica semblait l’endroit tout indiqué pour vivre une expérience authentique et locale. Le cidre ne nous a pas déçus : la façon dont il est servi est un spectacle en soi. Il est dit que le cidre doit toujours être versé en hauteur, le plus loin possible du verre, afin d’en permettre l’aération et une consommation plus digeste. Le restaurant dispose d’ailleurs d’immenses cuves au-dessus desquelles le cidre est versé, pour rattraper les débordements inévitables. Et je peux vous dire que le barman prenait sa tâche très au sérieux ; un véritable professionnel! Le fromage quant à lui… est saisissant! Dans le bon ou le mauvais sens du termes, selon la personne qui le consomme. Son goût est d’une intensité presque piquante et s’accroche longtemps en bouche. Il ne convient clairement pas à tous les palais. En ce qui nous concerne, c’est probablement dans les pires fromages que nous avons mangé de notre vie! Il ne nous aura pas été possible de le terminer. Mais je n’aurais pas changé mon expérience pour rien au monde, car cela nous aura permis de goûter aux traditions des Asturies. Et il faut croire que nous ne sommes pas restés traumatisés de l’expérience, car nous avons tout de même réservé nos places pour le lendemain. En nous promettant quand même, de ne jamais en recommander…

JOUR 9

Picos de Europa

Notre exploration du parc se poursuivit tôt le lendemain avec le sentier du Cares, probablement celui que j’attendais avec le plus d’impatience. Le sentier suit la gorge du río Cares, entre les villages de Poncebos et Caín. À plusieurs endroits, il est creusé directement dans le flanc des falaises, offrant un décor vertigineux où même les plus courageux ne souhaiteront pas trop s’éloigner des parois rocheuses. Sur le chemin, nous avons croisé sans compter des chèvres de montagne qui arpentaient les pentes abruptes avec une agilité surprenante. C’est vraiment la randonnée à ne pas manquer, elle nous a offerte les plus beaux panoramas du voyage!

Plus près de Caín, il est possible de descendre au bord de la gorge. Il n’est toutefois pas très tentant de s’y baigner. Nous avons eu l’occasion d’y mettre un instant les pieds pour traverser, là où le fond n’était pas profond, et son eau était si froide qu’elle vous poignarde les mollets et vous fait perdre presque instantanément toute sensation dans les orteils. Mais elle offre tout de même un paysage incroyable et paisible où faire une pause et manger.

Arrivés au bout de 11 kilomètres, nous nous sommes réinstallés au bord de la rivière, le temps d’une bonne bouteille de cidre, achetée dans les kiosques montés en fin de piste. Le remontant parfait pour nous donner le courage de repartir pour un tour en direction de Poncebos. Cela nous a également permis de profiter un instant du village de Caín.

En soirée, après une bonne journée de randonnée, rien de mieux qu’un bon repas bien mérité pour se récompenser et notre place nous attendait déjà à la cidrerie. Comme la veille, nous sommes retournés souper au village voisin pour y profiter d’une autre belle soirée et nous féliciter du défi relevé!

JOUR 10

Madrid

Hébergement ⭐️⭐️⭐️ : Hôtel Sterling Gran Vía

Une dernière bonne journée de route nous attendait. Cinq heures de voiture nous séparaient de Madrid, la dernière et ultime étape de ce superbe road trip. Heureusement pour nous, l’itinéraire vers la capitale nous faisait passer par la seconde région viticole la plus renommée d’Espagne, la Ribera del Duero. Pour couper un peu la route, nous en avons profité pour faire un arrêt rapide au vignoble Bodegas Emilio Moro, considéré comme l’un des grands pionniers de la région. Je rêve encore de cette délicieuse terrine d’agneau que l’on nous a servie avec le vin. C’est alors que j’ai compris tout l’intérêt d’un accord mets et vin réussi.

Nous avons ensuite repris la route pour rejoindre Madrid en milieu d’après-midi. Notre hôtel était super bien situé dans le centre-ville, sur une rue adjacente à la Gran Vía, l’avenue la plus célèbre de la grande ville. Elle est super animée et pourrait faire penser à un petit Times Square avec ses bâtiments, ses grandes affiches, ses théâtres et ses magasins. Elle en rappelle le même dynamisme. Nous avons eu l’occasion de la marcher tranquillement et cela nous a permis d’admirer la beauté de la capitale, qui s’est révélée majestueuse, moderne et vibrante.

Après quelques détours à pied aux alentours des grandes attractions de la ville, comme la plaza Mayor, nous avons terminé notre soirée dans le quartier de Las Huertas. Il est connu pour abriter quelques bars à tapas incontournables et pour sa vie nocturne festive. Parmi les quelques arrêts que nous avons faits, je vous recommande la Taberna La Dolores. Le bar est traditionnel et convivial ; son décor rustique vous donnera l’impression de revenir plusieurs années en arrière. Vous devrez peut-être être patient pour vous y faire une place, car il est bondé dès l’ouverture, et les gens y déferlent sans arrêt jusqu’à la fermeture.

Pour voir les véritables couleurs des Huertas, il faut y aller très tard, et en fin de périple comme nous l’étions, nous n’en avions malheureusement plus l’énergie ni le courage. Nous sommes restés suffisamment longtemps pour en avoir un avant-goût, et cela nous a suffi avant de retourner à l’hôtel nous coucher. Nous souhaitions nous assurer d’être en forme pour notre dernière journée du voyage.

JOUR 11

Madrid

Nous ne pouvions pas faire autrement pour terminer notre séjour en Espagne que d’en profiter avec l’une de nos activités préférées en voyage : manger! Notre dernière journée s’est donc dessinée autour d’un parcours culinaire bien élaboré aux quatre coins de la ville, à commencer par la visite d’un marché. Il y a plusieurs choix intéressants à Madrid, mais le nôtre s’est arrêté sur le marché de la Paz dans le quartier chic de Salamanca. On y trouve un restaurant appelé la Casa Dani, qui propose, selon plusieurs critiques culinaires, LA meilleure tortilla de patatas du pays. Ce titre n’aurait pas été révoqué depuis 2019. Nous y avons donc déjeuné pour l’expérimenter nous-mêmes avant de flâner dans les allées du marché. Définitivement trop pleins pour consommer quoi que ce soit d’autre, nous nous sommes contentés de manger avec les yeux pour le reste.

Pour la suite du parcours, nous avons fait quelque chose d’un peu différent. Nous nous sommes rendus au Street XO, qui représente le projet assez audacieux d’un chef triplement étoilé, Dabiz Muñoz. Le restaurant se veut une version plus abordable et accessible de sa gastronomie. On doit y manger très bien, mais, drôlement, nous n’étions pas là pour ça. Le restaurant est également reconnu pour ses cocktails excentriques et originaux. Installés au bar, nous avons pu observer les maîtres à l’œuvre le temps de quelques verres.

Même s’il était très tentant de se commander un petit quelque chose à manger, nous devions nous préserver. Une réservation nous attendait au restaurant Sala de Despieces pour une expérience gastronomique hors du commun. C’est l’endroit qui allait conclure non seulement notre parcours culinaire à Madrid, mais également notre magnifique voyage en Espagne. L’ambiance était donc festive et peut-être même un peu nostalgique.

Ainsi, cette dernière journée à Madrid aura parfaitement résumé notre voyage en Espagne : une découverte passionnée, généreuse et profondément gourmande. Entre traditions, histoire, paysages incroyables et surtout plusieurs partages autour de la table, ce road trip fut bien plus qu’une simple succession de belles villes, de divertissements et de repas. Il s’agissait d’une véritable célébration du voyage, conclue avec la certitude que que ce ne sera certainement pas notre dernier en Espagne. 🇪🇸🧡